Fabrication d'une cotte de maille

Un peu d'histoire

La cotte de maille est une invention celte qui remonte au IV siècle avant notre ère. Plusieurs exemplairesGuerrier Vachères malheureusement incomplets nous sont parvenus du site de Corent en Auvergne et de  Ciumesti en Roumanie. La statuaire protohistorique permet néanmoins de se faire une idée plus précise de la forme de la cotte de maille. La représentation la plus complète est la statue de Vachères ( Alpes de Haute Provence ) datée de la seconde moitié du 1er siècle avant notre ère.

On peut supposer que l'invention de la cotte de maille est une évolution naturelle de l'armement passif. le linotorax et la cotte de cuir étant largement répandue comme l'atteste beaucoup de sources représentatives comme les statuettes de Roquepertuse, Entremont et Glanum. La coupe de ces deux type de protections étant très proche, on peut aussi supposer une combinaison des deux technologies en utilisant la cotte de mailles pour le corps et une plaque de cuir pour les épaulières.

 Les anneaux sont fabriqués avec un fil d'une section comprise entre 1,2 et 1,5mm pour un diamètre interne d'environ 6mm. Pour une cotte de maille complète ( avec épaulières) on compte, en moyenne, 15 à 25 000 anneaux pour un poids d'environ 5 à 13 Kg suivant la corpulence du porteur et le type de fil.

 

La fabrication

Si la réduction du minerais de fer est maintenant connue, l'étape de fabrication du fil pose encore des questions. La fabrication des anneaux est déduite grâce aux nombreuses reconstitutions déjà réalisées. Un système à manivelle reliée à un gabarit permet de réaliser des "ressorts". A l'aide d'un petit ciseau à métal, le forgeron découpe chacun des anneaux avant de les assembler.

Durant la protohistoire on peut supposer que la fabrication d'une cotte de mailles était le fuit d'un travail d'équipe. Pendant que le fil était fabriqué, un groupe réalisait les ressorts et découpait les anneaux et une troisième était chargée du montage. D'après le travail d'ACTA il y quelques années pour une expérimentation sur la manoeuvrabilité des protections passives de l'armée romaine pour laquelle il à été réalisé une vingtaine de cottes de mailles, un travail en équipe pour la réalisation des ressorts, découpage des anneaux et montage, permettait de réaliser une cotte de mailles en à peine 3 semaines à raison de 7h de travail par jour.

Le mode d'assemblage est assez simple. Un anneau central relie 4 anneaux périphériques. Des variantes se présentent avec 6 anneaux en 1 et d'autres avec les anneaux rivetés.

Dans notre cas nous resterons avec le modèle dit "standard" de 4 en 1.

Le travail de reconstitution

Comme nous sommes au XXIème siècle, nous n'allons pas nous gêner pour utiliser des outils de notre temps.

Matériel :

- Une perceuse

- Du fil de fer  ( pas mal de bobines )

- Une pince tenaille

- Une pince coupante

- Deux pinces à bec pour le montage

- Une boîte pour ranger les anneaux

- Cinq boîtes d'antidépresseur (pour la patience)

- Une paire de gants

- Un TRÈS bon canapé

- Beaucoup de  temps

Le plan de travail pour la création des anneaux se compose d'un cadre en bois dans lequel sont insérées 2 tiges de fer. Une est percée pour y fixer le fil et reliée à une perceuse, c'est le gabarit. La seconde est un tendeur qui permet de redresser le fil et ainsi d'éviter les chevauchements ou les doigts coincés.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fil est inséré dans le petit trou puis la perceuse fait le reste. Attention, les gants sont fortement conseillés ( je dis ça, je dis rien ! )

 

On découpe le fil puis on recommence. Une bobine de 50m permet d'obtenir environ 15 ressorts

Bon ben maintenant y a plus qu'a découper les anneaux ( c'est là que le canapé entre en jeu !)

La prochaine étape est la préparation de l'assemblage. On prend les pinces à bec puis on ferme correctement un certain nombre d'anneaux (c'est là que les antidépresseurs entrent en jeu ). Cela prend un certain temps qui sera vite rattrapé au montage. Pour les plus patients, il est aussi possible de préparer d'autres anneaux ouverts.

Arrive enfin le moment du montage ( Youpiiii ! Dédicace pour Cintu ^^)

On ouvre un premier anneau et on y place 4 anneaux fermés. Voilà la cotte de maille est finie ( non je rigole !).

On obtient une sorte de petite rosace.

 

On considère maintenant les anneaux périphérique comme :

- 1, celui en bas à gauche

- 2, celui en haut à gauche

- 3, celui en bas à droite

- 4, celui en haut à droite

Vous suivez toujours ?

Un nouvel anneau est ouvert puis on l'insert dans les anneaux 3 et 4 enfin on ajoute deux autres anneaux fermés et on ferme notre anneau central. Voilà un nouveau rang vient d'être ajouté !

 

Bon ben maintenant à vous de jouer !

Voici le résultat avec 9200 anneaux.

Longueur : 73 cm / largeur : 32 cm

En quelques chiffres

Section du fil : 1,3mm

Longueur de fil pour un anneau : 24 mm

Poids d'un anneau : 0,2g

Pour la plaque déjà faite cela représente près de 220m de fer pour un poids de 1,8Kg

Sachant que j'en suis à environ 1/3 de ma cotte de maille, finie cela représentera  environ 27600 anneaux pour un poids d'environ 6Kg et 660 m de fil (chuis pas couché ! )

 

 

Fabrication d'un bouclier archéo

Différences avec le bouclier de combats

Encore un bouclier! Vous dites-vous. Oui mais pas n'importe lequel!

Nous vous proposons la fabrication d'un plateau tel qu'ils pouvaient l'être suivant les travaux d'A.Rapin et les dernières découvertes.

Nous savons que les plateaux sont constitués de 3 couches de bois avec les fibres croisées (verticale, horizontale et diagonale) évitant l'éclatement du bois lors d'un impact. Il a été découvert il y a peu de temps des fragments de plateaux comportant des traces de tissus entre les couches de bois. En expérimentant (souvent involontairement) nous avons remarqué que le tissu donnait une cohésion au plateau et ne se cassait pas en deux ou n'éclatait pas lors d'un impact.

Nous avons donc reconstitué 3 boucliers complets. Mais vous ne les trouverez pas sur les champs de bataille!

La préparation

Pour ce modèle, qui fera 1.20m de haut pour 60cm de large, nous avons utilisé un peu plus de 3 planches de 2.50m par 25cm. Nous nous sommes fournis chez Maréchaux à Paris.

- Le tissu est composé d'un vieux drap de lin,

- De la cordelette,

- De la colle à bois prise rapide (faut vivre avec son temps (:p),

- Tout l'outillage pour le bois (scie, perceuse, ciseaux à bois, serre-joint, pansements, etc),

- Du temps et du soleil pour ceux seront dehors.

Le gabarit

Avant de se lancer tête baissée, il est préférable de dessiner le futur plateau et de calculer la quantité de bois. Cela vous évitera de mauvaises surprises.

Les dimensions du futur plateau seront de 1.20m de haut pour 60cm de large (marre de me faire découper les fesses en combat!). Les planchettes feront 12cm de large pour des raisons d'économie, ce qui me permettra d'obtenir 5m de bois pour une planche initiale de 2.5m.
Après les dessins, il faut réaliser un gabarit complet du plateau en carton épais. Il est très important de bien le réaliser car il servira de base pour toutes les mesures, les découpes etc.

On essuie la goutte de sueur et c'est parti!

Et oui! C'est là que ça commence à se compliquer. La planche de bois faisant 3mm d'épaisseur, on oublie la scie sauteuse et la scie égoïne. Utilisez des scies à lame fine et à petite voie de coupe. Ça va être long mais cela vous évitera de faire du petit bois.

Commencez par la couche inférieure (celle qui sera visible) avec les fibres verticales.

Puis collez une première couche de lin :

Une fois la colle sèche on recommence la même opération avec cette fois-ci les planches coupées pour être placées à l'horizontale, puis une nouvelle couche de lin.

La couche en diagonale

Etape particulière car minutieuse. En effet, si les planches sont découpées telle quelle, on risque fort de se tromper et de perdre du bois.
Tracez en premier le positionnement de chaque planche directement sur le tissu, cela vous permettra de voir la forme finale de cette couche et d'économiser de la planche.

Une fois la colle sèche, deux options se présentent :
- La première consiste à raboter les bords du plateau, en suite on colle la dernière couche de tissu.
- La seconde est de placer une corde sur la longueur de la tranche du plateau. Pourquoi cette corde?

Sur certaines gravures (notamment l'arc d'Orange), on peut voir sur les boucliers des bordures striées en diagonale. On pensait que c'était un lien qui devait tenir une peau. Mais pour passer ce lien il faut percer le plateau. Hors si il a des trous il y a fragilisation. Ces fameuses rainures seraient en fait soit des coutures ou de la corde venant protéger le champ du plateau. A l'utilisation, nous nous sommes rendus compte que le bas du plateau -s'il n'y a pas d'orle- s'aplatit et le bois se fend.

Collez la cordelette puis collez la dernière couche de lin par dessus. Le tissu doit faire un retour sur le revers du plateau pour bien prendre la cordelette et éviter les arrachements intempestifs.

Percement de la main et pose de la spina

Si vous avez bien conçu le plateau, vous devez savoir où se trouve le centre de gravité, généralement au milieu du plateau. Tracez la forme du trou puis percez des trous à la perceuse et enfin rejoignez chacun de ces trous à la scie.

Comme vous l'aurez remarqué sur le tissu, l'emplacement de la spina est tracé. Cela permet de placer avec précision le trou de la main en superposant le centre de la spina avec le centre du plateau.
La spina est collée et clouée ( le mieux étant de la nouer avec des liens de cuir au niveau des extrémités des branches) afin d'éviter tout décollement ou arrachement dû au travail du bois. Cela permet aussi de redresser le plateau qui pourrait travailler avec la colle et les croisements de fibres.

 

Préparation du décor

Courage le plateau est bientôt fini!

Le décor n'est à surtout pas négliger. Les couleurs que vous allez utiliser, les figures que vous dessinerez seront votre personnalité et permettront de vous identifier. On suppose d'ailleurs que les Celtes décoraient leur boucliers de bêtes fantastiques, de rouelles appelant la protection des dieux ou pour s'identifier à des forces qui les dépassaient. La combinaison des figures devait être à la libre interprétation du combattant en question.

Pour ma part mon signe protecteur est le corbeau (ben voui, ça vous étonne?) et il est placé en haut à gauche.

J'ai donc mis mon signe auquel j'ai ajouté deux lunes en haut à droite du plateau. A gauche un oiseau stylisé en forme de faux et en bas j'ai repris un dessin avéré sur des fourreaux d'épées, mais je dois l'avouer je l'ai trouvé très beau sur un des boucliers Leuki et je l'ai donc repris. Il a 2 sens de lecture :
- La première : Deux bêtes fabuleuses sur un support,
- La seconde : Un visage avec les yeux et le nez.

 

La Peinture

Pour cette étape, plusieurs choix se présentent. Soit vous achetez de la peinture pour tissus soit vous poussez le vice plus loin et vous faites une peinture archéo. Bon, le souci est que la peinture à cette époque comporte encore quelques mystères. Vous pouvez réaliser une peinture à base de lait. La recette est sur ce lien.

Pour ma part je pense que les Celtes avaient autre chose à faire avec leur lait! Après quelques recherches sur la composition de peinture et sur les matériaux que les hommes de l'époque avaient, j'ai inventé ma propre solution.

Et voici le résultat avec le jaune et le résultat final encore frais.

 

 

 

 

 

 

 

 

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